163 millions par ci, 450 millions par là. Les dépenses de nos collectivités territoriales (mairie, conseil général et régional) sont propres à donner le tournis et me laissent songeuse. L’argent valse comme au bon vieux temps des trente glorieuses. A se demander si la dette de 1500 milliards d’euros est une invention et si je vis sur la même planète !
Ces derniers jours, le Conseil Régional de Picardie joue le père la rigueur en diminuant les subventions de la MACU, du Creps ou du logement social. Ce faisant, il croit faire d’une pierre deux coups : il se donne l’occasion de taper sur la politique du gouvernement tout en se positionnant en gestionnaire responsable. Pendant ce temps la droite s’insurge, ravie d’avoir une occasion de jouer au bon samaritain.
En réalité tout ceci n’est qu’un écran de fumée. Car pendant que le Conseil Régional suspend certaines aides, les autres collectivités dépensent allégrement. Amiens Métropole s’engage sur 163 millions d’euros pour regrouper les étudiants universitaires à la Citadelle. Depuis quand l’Université est une compétence de la ville ? Au Conseil Général de la Somme, les millions se déversent dans des gouffres financiers tels Samara ou le SDIS ou dans des secteurs d’activités économiques normalement dévolues à la Région comme l’atelier de maintenance de TER.
Bien sûr, on vous emballe toutes ces dépenses dans un beau papier de soie, plein de bons sentiments, teinté d’un soupçon de solidarité. Ils ont la manière « pour faire pleurer Margot dans les chaumières » et culpabiliser ceux qui osent râler quand on leur présente la note ! Car au passage, ils oublient de dire que l’argent ne leur manque jamais : il suffit d’augmenter les impôts pour équilibrer les comptes. Et, pas fous, ils savent que les dépenses d’aujourd’hui sont les voix de demain !
Dominique Fachon / citoyenne d'Amiens, de la Somme et de France

